Décrocher un stage non-rémunéré aux Etats-Unis : comment faire ?

Dégoter un stage aux Etats-Unis fait rêver. Mais, le coût de la vie américaine et la perspective de ne pas être payé peut freiner le candidat au départ. Pour rendre le songe accessible à tous, il existe des trucs et astuces pour devenir le parfait stagiaire outre-Atlantique.

Pourquoi faire un stage à l’étranger ?

La question a le mérite d’exister et d’être posée. Pourquoi chercher un stage aux quatre coins du globe alors qu’il existe des offres de stage parfois tout aussi pertinentes dans l’Hexagone, à côté de chez moi ? De plus en plus de jeunes tout près de s’insérer dans la vie active osent pousser la porte du séjour à l’étranger. C’est l’un des manières approuvées de se différencier des autres au moment de se faire recruter, face à une concurrence toujours plus accrue sur le marché du travail. Opposé à d’autres jeunes aussi diplômés que lui, l’étudiant ayant recours à une expérience à l’étranger sera toujours très apprécié par un recruteur attentif à l’ouverture d’esprit d’un candidat. Ensuite, pour contrer un chômage toujours persistant puisque près de 20,7% des jeunes de 15 à 24 ans étaient sans emploi en France au dernier trimestre 2017. C’est aussi la géniale opportunité de s’expatrier et de débuter une belle carrière internationale en se créant un réseau primordial sur place. Le travail n’est pas le seul intérêt à opter pour la mobilité internationale. Le voyage a son importance : s’immerger et nager dans une nouvelle culture, approfondir une autre langue et tout simplement découvrir de nouveaux horizons ou rencontrer de nouvelles personnes. Ce sont tout autant d’avantages à s’envoler pour l’un des six continents.

La réglementation du stage aux Etats-Unis

Il existe des différences entre les parcours universitaires français et américain. Tu connais certainement les grandes écoles comme Harvard, Columbia, Yale ou Stanford. Loin de ces prestigieux noms, d’autres établissements proposent des formations professionnalisantes. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs ouvertes aux séjours linguistiques pour améliorer un anglais perfectible et devenir un parfait bilingue. Dans un cursus universitaire général ou professionnel, le stage en entreprise permet de lier la théorie des cours à la pratique du terrain.

En France, le stage est beaucoup plus encadré qu’outre-Atlantique. Notamment sur l’aspect financier. En effet, la rémunération – ou gratification – des stages est obligatoire pour toute immersion en entreprise supérieure à deux mois consécutifs.  Ainsi, un stagiaire français travaillant à temps plein – qui est l’équivalent du 35 heures – pendant trois mois perçoit 577,50 euros mensuellement. Aux Etats-Unis, la réglementation des stages est bien différente voire quasi inexistante. Et pour cause, le stage n’est pas obligatoire. Il n’est pas courant de faire de stages aux Etats-Unis, ou alors, simplement l’été et ce pour quelques mois dans le but d’emmagasiner de l’expérience. Les stages non-rémunérés demeurent répandus et parfois abusifs. Ils sont surtout proposés par des organismes à but non-lucratif. Ce qui a entraîné, ces dernières années, de vifs et houleux débats aux Etats-Unis sur la place du stagiaire dans l’entreprise. Des compagnies privées peuvent également pourvoir des offres de stages non-rémunérés. Mais, ces entreprises doivent respecter quelques règles bien définies pour le faire :

  • Le stage donne lieu à des avantages professionnels pour l’étudiant (développement de compétences et de connaissances, travaux en lien avec son domaine de formation…) ;
  • Le chef d’entreprise ne doit pas faire de promesse d’embauche au moment d’engager le candidat en stage ;
  • Le manque de rémunération doit être spécifié dans l’annonce et à l’entretien d’embauche dans un souci de transparence auprès du stagiaire ;
  • Les missions de l’étudiant en stage ne doivent pas se substituer à un poste de salarié. Il doit, par ailleurs, avoir comme tuteur d’entreprise un employé de l’entreprise ;
  • Les missions effectuées pendant le stage doivent correspondre aux travaux que peut réaliser l’étudiant en cours ;
  • Aucun lancement de produit, de service ou de marque ou toute nouveauté que développe l’entreprise doit être à la charge du stagiaire. Sinon, le stagiaire doit être rémunéré.

L’autre grande différence pour valider son stage dans le pays de l’oncle Sam est la recherche d’un sponsor et l’obtention du visa J-1. Ces deux démarches (voir plus bas) sont essentielles et obligatoires pour pouvoir s’envoler pour New-York, Miami, Los Angeles ou encore la Silicon Valley. Seul point commun avec la procédure de stage en France : avoir une convention de stage, elle aussi, obligatoire signée conjointement par l’université où tu étudies et l’entreprise qui t’accueille aux Etats-Unis.

L’aide à la mobilité internationale pour couvrir les frais

L’argent fait forcément partie des principales préoccupations – si ce n’est la première – d’un candidat au départ. Encore plus dans le cadre d’un stage non-rémunéré. Pour ce faire, il existe des aides pour t’aider à couvrir tes dépenses sur place.

Le service international de certaines universités françaises accorde ce que l’on appelle une aide à la mobilité internationale. Ce soutien financier est versé mensuellement à l’étudiant. Elle s’adresse à des stagiaires bénéficiant de bourses sur critères sociaux qui partent dans le cadre de leur cursus universitaire. L’aide est, en revanche, limitée dans le temps. Elle couvre les dépenses du stagiaire sur une durée de deux à neuf mois au maximum. Un dossier de demande de l’aide en question, joint avec un projet de séjour de stage à l’étranger, est demandé par l’établissement. Une fois le dossier présenté, c’est au chef d’établissement de prendre la décision finale ! Il s’appuiera principalement sur l’intérêt pédagogique que peut apporter le stage à l’étudiant. Pour l’année universitaire en cours, 2018-2019, le montant de l’aide allouée atteint les 400 euros par mois. Pour avoir un panel de toutes les aides étudiantes possibles, le moteur de simulation Fibii.co simule les aides auxquelles tu as le droit selon ta situation aussi bien scolaire que familiale.

Bien sûr, tu devras t’acquitter des frais de visa et des billets d’avion aller-retour non-négligeables. Il est par ailleurs conseillé de s’y prendre longtemps en avance. En fait, dès que tu as tes dates de départ et de retour, n’hésite pas comparer les tarifs des différentes compagnies aériennes. Sur place aussi, ton futur employeur peut soulager ton portefeuille. En effet, il est parfois précisé sur les offres de stage les facilités que peut déployer ton patron. Il peut s’agir d’une aide au logement, comme la prise en charge partielle ou totale du loyer. Mais aussi, d’un soutien pour le transport avec une déduction sur les différents moyens que tu prends pour accéder à ton lieu de stage. Il faut savoir que l’employeur américain prend généralement en charge intégralement la carte de transport.

Trois conseils à suivre pour réussir son séjour

Partir en stage non-rémunéré peut avoir un coût. Par exemple, pour un stage de six mois en plein cœur de New-York, il faut compter environ 10.000 euros pour toute la durée du séjour en frais de logement, de transport, de nourriture, de papiers administratifs et de dépenses extra réservées aux loisirs et sorties. Pour toi, nous avons déniché trois conseils à suivre pour bien appréhender ton stage non-rémunéré aux Etats-Unis :

Avoir un capital financier de départ

Contrairement aux stages avec gratification financière, un stage non-rémunéré seul ne permet pas d’habiter sur place aussi facilement. Il est vivement conseillé d’apporter suffisamment d’argent de côté avec soi pour vivre ces mois d’aventure américaine. Il est par ailleurs recommandé d’avoir au minimum trois mois de loyer d’avance. Pour t’aider, Le Coût de l’Expat simule la différence entre le coût de la vie de ta ville d’origine et de ta ville hôte. Et si les quelques dons familiaux ne t’autorisent pas à voyager à l’étranger, il reste les emplois saisonniers permettant de mettre quelques sous de côté en période estivale.

Trouver un job d’appoint

Une autre alternative aux différentes aides et à l’argent disponible sur son compte en banque est de trouver un travail sur place. Cela ne paraît pas évident avec un stage à côté. C’est pourtant le quotidien d’expatriés qui doivent concilier les deux. Surtout que, dans le cadre d’une mission non-rémunérée, le stagiaire peut aisément demander à son tuteur d’entreprise d’être flexible sur les horaires de présence. Faire du service dans un bar le soir ou en weekend peut ainsi couvrir les dépenses de l’American way of life !

Dénicher les bons plans des Expat’s

Dis-toi que tu n’es pas le seul à avoir tenté l’expérience du stage non-rémunéré aux Etats-Unis. Entre les anciens et ceux qui sont encore sur place, des groupes d’expatriés sur le réseau social Facebook pullulent. Entre les événements à ne pas louper et les idées de sortie, cette communauté qui existe dans chacune des grandes villes américaines peut donner au nouveau stagiaire les bons plans pour se faciliter la vie. N’hésite pas, une fois ton acceptation dans le groupe validée, à te présenter toi et ta situation pour obtenir de précieux conseils !

En résumé, même s’il s’agit du principal frein à partir à l’étranger, ne te focalise pas sur l’argent. En France ou aux Etats-Unis, le stage est avant-tout un excellent moyen de développer des compétences, se montrer et lancer une carrière internationale qui te tend les bras. Le candidat au stage à l’étranger ne doit pas s’attendre à trouver ce qui est communément appelé le Return on investment – ou retour sur investissement. Le bénéfice tiré ne sera pas pécuniaire mais professionnel. En effet, les étudiants prenant le pari de choisir un stage à l’étranger améliore leur « employabilité » et peuvent récupérer leur investissement sur le long terme. Et comme pour tout autre stage, qu’il soit rémunéré ou non, dans une entreprise ou dans une association, il existe quelques clés universelles pour réussir son stage : être actif, poser des questions, être force de proposition, tisser un premier réseau. La seule nouveauté est que tu devras adopter ces réflexes en anglais !

Les démarches pour valider le départ

Que ton stage soit rémunéré ou non, tu devras nécessairement passer par l’étape du fameux visa. Ce document nécessaire te sera demandé par la douane locale à l’aéroport afin d’entrer et séjourner sur le territoire américain. Et pour ne pas se perdre au milieu des quelques 80 documents de ce type qui existent pour vivre temporairement aux Etats-Unis, tu devras te porter vers le visa J-1. Il est spécialement conçu pour les jeunes diplômés ou les étudiants souhaitant réaliser un job d’été ou un stage aux Etats-Unis. Il en existe trois types : le visa J-1 Intern, le visa J-1 Trainee et le visa J-1 Work and travel. C’est vers le premier que tu te dirigeras car il s’adresse spécifiquement aux étudiants inscrit dans une université française souhaitant partir en stage aux USA. Après t’être inscris sur le site Visa-J1.fr, la première étape consiste à tester ton éligibilité pour savoir si tu as le profil parfait pour obtenir le précieux sésame qui t’ouvrira les portes d’un road-trip inoubliable.

Comment trouver son stage idéal ?

Le candidat doit dans un premier temps déterminer le type d’entreprise dans laquelle il souhaite travailler et s’épanouir. Cela peut-être une grande firme internationale, une start-up américaine ou encore une entreprise française implantée aux Etats-Unis. Pour candidater, le réseau social professionnel LinkedIn est devenu une référence pour se tisser un réseau et établir les premiers contacts avec les entreprises sélectionnées. Si tu n’as absolument aucune idée de l’entreprise pour laquelle tu pourrais travailler temporairement, il existe des spécialistes de la mise en relation directe entre étudiants et entreprises. L’organisme spécialisé MyInternshipAbroad.com recense des centaines d’offres de stage quotidiennement actualisées pour trouver la meilleure offre qui correspond à tes attentes. Des relations publiques dans le domaine de la mode à New-York à du développement web sur Boston en passant par du community management basé à Los Angeles, les offres de stage sont variées et adaptées au profil de chacun. Tu trouveras forcément ton bonheur avant de t’envoler pour les Etats-Unis !